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Betty Zane, published in 1903, was Zane Grey¿s first novel. It tells the romanticized story of Grey¿s great-great-aunt, who made a miraculous dash under fire to save a frontier fort from Indian attack.Fort Henry sat on the site of present-day Wheeling, West Virginia. One of a series of fortifications built to protect frontier settlers, it was commanded by Colonel Ebenezer Zane, and was the center of a small community where Colonel¿s brothers and his sister Betty lived. The fort survived two sieges by Native Americans, first in 1777 and again in 1782. In the 1782 siege the attacking tribes were joined by British soldiers; and it is this siege, and the events leading up to it, that are recounted in Betty Zane.Grey claimed to derive the facts in his story from the personal notebook, preserved in his family, of his great-grandfather Ebenezer Zane, but it¿s impossible for readers to distinguish historical fact, the supposed contents of the notebook, and the Grey¿s own imagination. Certainly some aspects of the tale, like Betty¿s romantic involvements, are entirely fictionalized. But equally certainly, other major aspects of the tale, in particular Betty¿s heroism during the siege, come straight from the pages of history.
" "Bunny! Bunny! Wake up! It's time!""Wha, what's matter?" sleepily mumbled little Bunny Brown, making his words all run together, like molasses candy that has been out in the hot sun. "What's the matter, Sue?" Bunny asked, now that he had his eyes open. He looked over the side of his small bed to see his sister standing beside it. She had left her own little room and had run into her brother's."What's the matter, Sue?" Bunny asked again."Why, it's time to get up, Bunny," and Sue opened her brown eyes more widely, as she tried to get the "sleepy feeling" out of them. "It's time to get up!""Time to get up so early? Oh, Sue! It isn't Christmas morning; is it,Sue?" and with that thought Bunny sat up suddenly in his bed."Christmas? No, of course not!" said Sue, who, though only a little over five years of age (a year younger than was Bunny), sometimes acted as though older than the blue-eyed little chap, who was now as widely awake as his sister."Well, if it isn't Christmas, and we don't have to go to the kindergarten school, 'cause it's closed, why do I have to get up so early?" Bunny wanted to know.Bunny Brown was a great one for asking questions. So was his sister Sue; but Sue would often wait a while and find things out for herself, instead of asking strangers what certain things meant. Bunny always seemed in a hurry, and his mother used to say he could ask more questions than several grown folks could answer."Why do you want me to get up so early?" Bunny asked again. He was wide awake now."Why, Bunny Brown! Have you forgotten?" asked Sue, with a queer look in her brown eyes. "Don't you remember Aunt Lu is coming to visit us to-day, and we're going down to the station to meet her?""Oh yes! That's so! I did forget all about it!" Bunny said. "I guess it was because I dreamed so hard in the night, Sue. I dreamed I had a new rocking-horse, and he ran away with me, up-hill""Rocking-horses can't run away," Sue said, shaking her head, the hair of which needed brushing, as it had become "tousled" in her sleep."
Arsène Lupin takes on his most fearsome opponent yet in this second collection of his larcenous adventures. More a loving homage than a straight copy, Herlock Sholmes (changed just enough to avoid fallout from a copyright claim by Conan Doyle) and his companion Wilson are summoned to France initially to throw light on the case of the Blonde Lady. Having encountered Arsène Lupin before, Sholmes is only too happy to get a chance of revenge.This collection of two stories were originally serialised in the magazine Je Sais Tout from 1906 to 1907, and were translated into English in 1910. After an earlier story with an unauthorised Sherlock Holmes, Maurice Leblanc was forced to rename his antagonist for these stories.
Christine, originally written under the pen name Alice Cholmondeley, tells the story of a seventeen-year-old virtuoso violinist who travels to Germany in May, 1914 to study with the renowned violin teacher ¿Kloster¿. Christine arrives in Germany just a few weeks before the beginning of the hostilities that would become World War I. Against the backdrop of impending war, Christine studies and prepares for her future. She falls in love. She experiences a precious moment in time when all is perfect. And, as the preface warns, both her dreams and her person succumb at the onset of the war.
Le comte Antonio Pasquali était le dernier descendant d¿une illustre famille ita- lienne ; son père, mort un an auparavant, m¿avait fait promettre de veiller toujours sur le jeune homme, et bien que je fusse d¿une condition inférieure, ¿ de père en fils nous avions été intendants des domaines Pasquali ¿ Antonio voulait bien la plupart du temps écouter mes conseils et les suivre.Il avait un caractère naturellement gai et enjoué, mais depuis qüil avait été passer quelque temps dans un vallon perdu au milieu des Alpes, à trois heures au- dessus d¿Airolo, il était devenu d¿une indicible mélancolie dont je ne pouvais trouver la cause et que rien ne parvenait à vaincre. Il ne voulait plus sortir, plus voir per- sonne ; je lui conseillais de se marier : il ne consentait pas à en entendre parler, quoiqüil eût pu choisir à son gré parmi les plus jolies signorine de toute l¿Italie.Pour moi, je n¿aurais pas fait tant de façons. Il y avait à l¿hôtel même où nous étions trois petites duchesses, avec des teints dorés et des yeux brillants comme des étoiles.
CHARLES, regardant le tableau posé sur le chevalet. C'est charmant!... charmant!... une finesse! une grâce!...LÉONIE, qui vient d'entrer, apercevant Charles. Qu'est-ce que j'entends?... (Après un instant de silence et d'un ton sévère.) Charles!... Charles!CHARLES, se retournant brusquement et s'inclinant. Mademoiselle!LÉONIE. Que faites-vous là?CHARLES. Pardonnez-moi, mademoiselle, je regardais le portrait de madame] votre tante, notre maîtresse ... car je l'ai reconnu tout de suite ... tant il est ressemblant!LÉONIE. Qui vous demande votre avis? Les lettres? les journaux?CHARLES. Je suis allé ce matin à Lyon à la place du cocher, qui n'en avait pas le temps, et j'ai rapporté des lettres pour tout le monde. Pour mademoiselle, d'abord!LÉONIE, vivement. Donnez!... (Poussant un cri.) Ah!... de Paris!... d'Hortense ... mon amie d'enfance!... (Parcourant la lettre.) Chère Hortense!... elle s'inquiète des "troubles de Lyon!... des complots qui nous environnent. Quant à la cour ... il est difficile que cela aille bien ... en l'an de grâce 1817, sous un roi qui fait des vers latins et qui ne donne jamais de bal."] (S'interrompant.) Elle me demande: Si je me marie ... Ah bien oui!] ... est-ce qu'on a le temps de songer à cela!... Les jeunes gens s'occupent de politique et non pas de demoiselles!
Un ciel d¿une limpidité presque orientale, un beau ciel clair, lumineux, bleu comme une turquoise de Nichapour, s¿étendait au- dessus des maisons et des jardins de la ville encore endormie. Dans l¿aube et le silence on entendait seulement les cris des moineaux qui se pourchassaient sur les toits et sur les branches des acacias, les roucoulements voluptueux d¿une tourterelle au faîte d¿un arbre et, au loin, le bruit aigu que faisaient, par moment, les essieux d¿une charrette de paysan avançant avec lenteur sur les pavés irréguliers de la Sadovaia, la grande rue de la ville et la plus élégante. Près de la place de la cathédrale, immense, poussiéreuse, déserte, une clôture en bois fermait la cour de service de l¿hôtel de Londres, dont la plate et longue façade de trois étages, bâtie en pierres grises et maussade comme un jour d¿automne pluvieux, s¿alignait sur la Sadovaia, sans balcons, sans pilastres, sans colonnes, sans ornements.
L'étourderie naturelle à l'âge d'Isaure lui empêcha de remarquer que sa tante revenait sans le voile de mousseline quelle lui avait vu le matin: mais mademoiselle Cécile, dont l'esprit d'ordre allait parfois jusqu'à la tyrannie, ne manqua pas de demander à sa maîtresse, d'un ton respectueusement impérieux, ce qu'elle avait fait de son voile. La marquise lui répondit, avec le trouble d'une enfant qui ment à sa gouvernante, qu'elle n'en savait rien.¿Ah! je devine, madame l'aura sûrement oublié dans sa voiture; et, sans perdre de temps, mademoiselle Cécile descend dans la cour, retourne tous les coussins de la berline, et, ne trouvant rien, finit par conclure que la marquise aura laissé son voile dans l'église de Saint-Denis: elle veut absolument qu'un domestique monte à cheval pour l'aller chercher, mais on refuse tout net de lui obéir, en répondant qu'on ne fera ce voyage que par les ordres de madame; et la marquise est obligée d'employer son autorité pour s'opposer au zèle de mademoiselle Cécile, en disant que ce voile ne vaut pas tant de recherches, et qu'il est inutile d'en faire de nouvelles.
Quand j'étais enfant, je me confessais. Combien j'ai souhaité de fois être encore celui qui entrait dans la chapelle vers les cinq heures du soir, cette vide et froide chapelle du collège avec ses murs crépis à la chaux, avec ses bancs numérotés, son maigre harmonium, sa criarde Sainte Famille, sa voûte peinte en bleu et semée d'étoiles. Un maître nous amenait, dix par dix. Quand arrivait mon tour de m'agenouiller dans l'une des deux cases réservées aux pénitents sur chaque côté de l'étroite guérite en bois, mon c¿ur battait à se rompre. J'entendais, sans bien distinguer les paroles, la voix de l'aumônier en train de questionner le camarade à la confession duquel succèderait la mienne. Ce chuchotement me poignait, comme aussi le demijour et le silence de la chapelle. Ces sensations, jointes à la honte de mes péchés à dire, me rendaient presque insupportable le bruit de la planchette que tirait le prêtre. À travers la grille, je voyais son regard aigu, son profil si arrêté, quoique le visage fût gras et congestionné. Quelle minute d'angoisse à en mourir, mais aussi quelle douceur ensuite! Quelle impression de suprême liberté, d'intime allégeance, de faute effacée, et comme d'une belle page blanche offerte à ma ferveur pour la bien remplir! Je suis trop étranger aujourd'hui à cette foi religieuse de mes premières années pour m'imaginer qu'il y eût là un phénomène d'ordre surnaturel. Où gisait donc le principe de délivrance qui me rajeunissait toute l'âme? Uniquement dans le fait d'avoir dit mes fautes, jeté au dehors ce poids de la conscience qui nous étouffe.
La guerre a été déclarée hier. La nouvelle en est parvenue à Versailles dans la soirée.M. Beaudrain, le professeur du lycée qui vient me donner des leçons tous les jours, de quatre heures et demie à six heures, m'a appris la chose dès son arrivée, en posant sa serviette sur la table.Il a eu tort. Moi qui suis à l'affût de tous les prétextes qui peuvent me permettre de ne rien faire, j'ai saisi avec empressement celui qui m'était offert.Ah! la guerre est déclarée! Estce qu'on va se battre bientôt, monsieur?Pas avant quelques jours, a répondu M. Beaudrain avec suffisance. Un de mes amis, capitaine d'artillerie, que j'ai rencontré en venant ici, m'a dit que nous ne passerions guère le Rhin avant un huitaine de jours.Alors, nous allons passer le Rhin?Naturellement. Il est nécessaire de franchir ce fleuve pour envahir la Prusse.Alors, nous envahirons la Prusse?Naturellement, puisque nous avons 1813 et 1815 à venger.Ah! oui, 1813 et 1815! Après Waterloo, n'estce pas, monsieur? Quand Napoléon a été battu?Napoléon n'a pas été battu. Il a été trahi, a fait M. Beaudrain en hochant la tête d'un air sombre. Mais donnezmoi donc votre devoir; c'est un chapitre des Commentaires, je crois?
TRIVELIN, à la fée, qui soupire : Vous soupirez, madame ; et, malheureusement pour vous, vous risquez de soupirer longtemps, si votre raison n'y met ordre. Me permettez-vous de vous dire ici mon sentiment ?LA FÉE : Parle.TRIVELIN : Le jeune homme que vous avez enlevé à ses parents est un beau brun, bien fait ; c'est la figure la plus charmante du monde. Il dormait dans un bois quand vous le vîtes, et c'était assurément voir l'Amour endormi. Je ne suis donc point surpris du penchant subit qui vous a prise pour lui.LA FÉE : Est-il rien de plus naturel que d'aimer ce qui est aimable ?TRIVELIN : Oh ! sans doute ; cependant, avant cette aventure, vous aimiez assez le grand enchanteur Merlin. LA FÉE : Eh bien ! l'un me fait oublier l'autre ; cela est encore fort naturel. TRIVELIN : C'est la pure nature ; mais il reste une petite observation à faire ; c'est que vous enlevez le jeune homme endormi, quand peu de jours après vous allez épouser le même Merlin qui en a votre parole. Oh ! cela devient sérieux ; et, entre nous, c'est prendre la nature un peu trop à la lettre. Cependant, passe encore ; le pis qu'il en pouvait arriver, c'était d'être infidèle ; cela serait très vilain dans un homme ; mais dans une femme, cela est plus supportable. Quand une femme est fidèle, on l'admire ; mais il y a des femmes modestes qui n'ont pas la vanité de vouloir être admirées. Vous êtes de celles-là ; moins de gloire, et plus de plaisir ; à la bonne heure !
La grande salle du National Sporting Club, celle où se donnent les combats, qui est une ancienne salle de théâtre transformée, achevait de se vider. Les derniers spectateurs s¿en allaient à la file et, pour regagner le vestibule et la porte de la rue, traversaient un côté de la salle à manger du Club. Dans cette dernière, autour de petites tables espacées çà et là sur les épais tapis, nombre de gentlemen et de noblement s¿étaient réunis, qui pour boire, qui pour souper plus copieusement, entre amis et membres, maintenant que les intrus amenés là par le seul spectacle des combats étaient partis. Des garçons, silencieux, attentifs, impeccables de tenue et de manières comme savent seuls l¿être les domestiques anglais de haut style ¿ les aristocrates de la domesticité ¿ glissaient d¿un bout à l¿autre de la pièce sans plus de mouvements apparents que les silhouettes qui défilent au fond d¿un tir. Ils se penchaient au-dessus des tables, obséquieux avec parfois quelques mots à voix basse : ¿ Un Scotch and Soda, my lord ? Un Black and White ; très bien ! ¿ Le claret ordinaire et une côtelette peu cuite ? Certainement.
Il y a encore au fond de nos provinces de France un peu de vieille et bonne noblesse qui prend bravement son parti sur les vicissitudes politiques, là par générosité, ici par stoïcisme, ailleurs par apathie. Je sais d'anciens seigneurs qui portent des sabots, et boivent leur piquette sans se faire prier. Ils ne font plus ombrage à personne; et si le présent n'est pas brillant pour eux, du moins n'ont-ils rien à craindre de l'avenir.Il faut reconnaître que parmi ces gens-là on rencontre parfois des caractères solidement trempés et vraiment faits pour traverser les temps d'orages. Plus d'un qui se serait débattu en vain contre sa nature épaisse, s'il eût succédé paisiblement à ses ancêtres, s'est fort bien trouvé de venir au monde avec la force physique et l'insouciance d'un rustre. Tel était le marquis de Morand. Il sortait d'une riche et puissante lignée, et pourtant s'estimait heureux et fier de posséder un petit vieux castel et un domaine d'environ deux cent mille francs.
Lorsque Augustin Méridier cherchait à démêler ses plus lointaines impressions religieuses, il les trouvait très au frais, mélangées à ses premiers souvenirs, et soigneusement classées dans deux compartiments de sa mémoire. Il gardait l¿un pour la préfecture de province au Lycée de laquelle son père professait ; il réservait l¿autre aux Planèzes. Ce n¿était pas la vraie Planèze, mais de hauts plateaux très voisins, tous semblables, qüil appelait ainsi parce que ce nom lui avait plu.Cette division géographique séparait deux formes irréductibles et même antagonistes des émerveillements de l¿enfance.La Préfecture gardait, dans ses belles rues désertes, certain deuxième étage sonore, au vestibule pavé de losanges noir-bleu et gris de pierre, glacial.
Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'oeuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : - le monde des Esprits s'ouvre pour nous.Swedenborg appelait ces visions Memorabilia ; il les devait à la rêverie plus souvent qu'au sommeil ; L'Âne d'or d'Apulée, La Divine Comédie de Dante, sont les modèles poétiques de ces études de l'âme humaine.Je vais essayer, à leur exemple, de transcrire les impressions d'une longue maladie qui s'est passée tout entière dans les mystères de mon esprit ; - et je ne sais pourquoi je me sers de ce terme maladie, car jamais, quant à ce qui est de moi-même, je ne me suis senti mieux portant. Parfois, je croyais ma force et mon activité doublées ; il me semblait tout savoir, tout comprendre ; l'imagination m'apportait des délices infinies. En recouvrant ce que les hommes appellent la raison, faudra-t-il regretter de les avoir perdues ?...
Ouvrez les livres de géographie les plus complets, étudiez les cartes, même celle de l'état-major, et vous y chercherez en vain un petit affluent de la Seine, qui cependant a été pour la ville qu'il traverse ce que le Furens a été pour Saint-Etienne et l'eau de Robec pour Rouen.¿Cette rivière est le Puchot. Il est vrai que de sa source à son embouchure elle n'a que quelques centaines de mètres, mais si peu long que soit son cours, si peu considérable que soit le débit de ses eaux, ils n'en ont pas moins fait la fortune industrielle d'Elbeuf.Pendant des centaines d'années, c'est sur ses rives que se sont entassées les diverses industries de la fabrication du drap qui exigent l'emploi de l'eau, le lavage des laines en suint, celui des laines teintes, le dégraissage en pièces, et il a fallu l'invention de la vapeur et des puits artésiens pour que les nouvelles manufactures l'abandonnent; encore n'est-il pas rare d'entendre dire par les Puchotiers que la petite rivière n'a pas été remplacée, et que si Elbeuf n'est plus ce qu'il a été si longtemps, c'est parce qu'on a renoncé à se servir des eaux froides et limpides du Puchot, douées de toutes sortes de vertus spéciales qui lui appartenaient en propre. Mauvaises, les eaux des puits artésiens et de la Seine, aussi mauvaises que le sont les drogues chimiques qui ont remplacé dans la teinture le noir qu'on obtenait avec le brou des noix d'Orival.
Il existait, jadis, il existe encore, même aujourd¿hui, une belle coutume, mais qui va se perdant d¿année en année et qui finira malheureusement par disparaître tout à fait : c¿est celle qui consiste à solliciter la bénédiction paternelle, le premier jour de l¿année. Cette coutume, ce devoir filial, si je puis m¿exprimer ainsi, se pratique encore, surtout dans la province de Québec, et ce sera un jour néfaste que celui où elle cessera d¿exister. Autrefois, le 1er janvier, aux douze coups de minuit, nous nous agenouillions auprès de notre père et lui demandions sa bénédiction, qüil nous donnait des larmes dans les yeux et dans la voix. Même quand nous avions quitté le toit paternel pour nous créer un autre foyer, nous trouvions encore le moyen de réintégrer le domicile paternel, pour recevoir la bénédiction de notre père, et cette bénédiction, nous en étions fermement convaincus, nous portait bonheur. Les mères qui n¿ont jamais connu l¿intime joie de voir leurs enfants bénis par leur père, au commencement de chaque année, sont bien à plaindre. Mais, que celles chez qui cette coutume se pratique encore, s¿en fassent un devoir sacré, et que jamais, ni par indifférence, ni par oubli, elles ne négligent de conduire leurs enfants vers le chef de famille, au jour de l¿an ; car la bénédiction d¿un père ne saurait que porter bonheur.
La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable. Elle se dé- roule, toujours pareille, avec la mort au bout. On ne peut ni l¿arrêter, ni la changer, ni la comprendre. Et souvent une révolte indignée vous saisit devant l¿impuissance de notre effort. Quoi que nous fassions, nous mour- rons ! Quoi que nous croyions, quoi que nous pensions, quoi que nous tentions, nous mourrons. Et il semble qüon va mourir demain sans rien connaître encore, bien que dégoûté de tout ce qüon connaît. Alors on se sent écrasé sous le sentiment de « l¿éternelle misère de tout », de l¿impuissance humaine et de la monotonie des actions.On se lève, on marche, on s¿accoude à sa fenêtre. Des gens en face déjeunent, comme ils déjeunaient hier, comme ils déjeuneront demain : le père, la mère, quatre enfants. Voici trois ans, la grand-mère était en- core là. Elle n¿y est plus. Le père a bien changé depuis que nous sommes voisins. Il ne s¿en aperçoit pas ; il semble content ; il semble heureux. Imbécile !
Le 27 février 1854, deux hommes, étendus au pied d¿un gigan- tesque saule pleureur, causaient en observant avec une extrême at- tention les eaux du fleuve Orange. Ce fleuve, le Groote-river des Hol- landais, le Gariep des Hottentots, peut rivaliser avec les trois grandes artères africaines, le Nil, le Niger et le Zambèse. Comme elles, il a des crues, des rapides, des cataractes. Quelques voyageurs, dont les noms sont connus sur une partie de son cours, Thompson, Alexander, Burchell, ont tour à tour vanté la limpidité de ses eaux et la beauté de ses rives.En cet endroit, l¿Orange, se rapprochant des montagnes du duc d¿York, offrait aux regards un spectacle sublime. Rocs infranchis- sables, masses imposantes de pierres et de troncs d¿arbres minérali- sés sous l¿action du temps, cavernes profondes, forêts impénétrables que n¿avait pas encore déflorées la hache du settler, tout cet en- semble, encadré dans l¿arrière-plan des monts Gariepins, formait un site d¿une incomparable magnificence.
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